Précieuse est la fratrie qui peut pourtant devenir source de soucis ! Apprendre à gérer ses crises dès la tendre enfance ? Cultiver la différence de notre vilain petit canard ? Des réponses !
Qu’il est difficile de voir deux personnes chères se quereller ! Quand ce sont nos enfants et que l’on doit intervenir, ça devient carrément déchirant et épuisant. Pourtant, le conflit joue un rôle dans le développement des habiletés sociales de nos petits, de leur capacité à faire des compromis, dans l’élaboration de leurs stratégies de résolutions de problèmes, dans la construction de leur empathie, etc. Peu importe l’âge, ils ont quelque chose à apprendre de ces situations épineuses : le défi sera simplement différent. Voici quelques trucs en vrac pour que ces chicanes ne se terminent pas trop mal !
Les enfants apprennent par modèles. Donner un bon modèle dans la gestion de nos difficultés relationnelles est important. Par contre, nos petits attendent aussi de nous que nous les guidions dans leurs processus à eux. On n’intervient donc pas à leur place, mais on agit comme un cadre. Voici une stratégie de résolution de conflits que l’on peut suivre. À chaque étape, on demande aux enfants à tour de rôle de répondre à la question, sans que l’autre puisse intervenir. Une fois que les deux enfants ont répondu à une question, on passe à la suivante.
Que s’est-il passé ?
Quels sont tes torts ?
Qu’aurais-tu dû faire pour que ça ne dégénère pas ?
Que peux-tu faire pour régler la situation puisque ça a dégénéré ?
Quelles solutions choisissons-nous ? Êtes-vous d’accord tous les deux ?
Quand les deux enfants ont convenu d’une solution, on peut leur proposer de retourner jouer. Si l’on constate que l’un d’eux ne collabore pas ou qu’il ne respecte pas les règles établies, on pourra intervenir plus directement auprès de cet enfant, en le retirant du jeu, par exemple.
Ce qu'il faut garder en tête
- Éviter de prendre position envers l’un ou l’autre si on n’a pas vu toute la situation : les préjugés se transforment souvent en injustice !
- Ne pas demander au plus vieux d’être plus mature qu’il ne l’est, mais ne pas déresponsabiliser le plus jeune sous prétexte qu’il ne sait pas ce qu’il fait ! Il est normal que ce que l’on demande au plus vieux diffère de ce que l’on attend du plus jeune. Par contre, à 4 et 6 ans, les deux enfants savent très bien ce qu’ils font et doivent comprendre le concept de conséquence.
- Ne pas s’attendre à ce que les enfants cessent de se quereller. Ils sont tous les deux en processus d’apprentissage, ils continueront donc à avoir besoin de notre intervention et à mal agir. Nous le faisons encore en tant qu’adultes…
- Établir des règles claires et précises, mais pas trop nombreuses, pour les moments où ils jouent seuls. Par exemple : pas de coups, pas d’insultes, on respecte les tours de jeu. On peut établir des règles plus spécifiques, comme un temps maximal de possession d’un jeu particulièrement populaire (par exemple : pas plus de 15 minutes chacun votre tour pour les jeux vidéo, avec minuterie à côté du jeu).
- Donner des consignes générales quant aux conflits :
- Dire avec des mots quand quelque chose les dérange. Par exemple : arrête de prendre mon jeu, c’est mon tour, tu l’auras quand j’aurai terminé.
- Essayer d’en arriver à un compromis. Par exemple : je joue encore 5 minutes et après je te le donne.
- Si cela ne fonctionne pas, demander à l’enfant de venir nous voir. On pourra alors aider les enfants à gérer le conflit.
Les chicanes d’enfants sont de riches terrains d’apprentissage. En guidant nos troupes, on devrait s’en sortir sans trop de heurts et nos apprentis seront les grands vainqueurs !

J’ai 3 enfants : Liam (8 ans), Nathan (6 ans) et Florence (3 ans). Alors que Liam et Florence sont très enjoués, qu’ils aiment bouger, qu’ils ont une belle complicité (avec quelques nuages noirs, bien sûr), Nathan aime la solitude, les livres et ses poupées. Nous avons consulté et il ne présente aucun trouble psychologique ou autre. Il est simplement différent de mes deux autres enfants ! J’aurais besoin de conseils pour bien l’accompagner. Karine Foresti, Roberval
On aimerait tellement réussir à ce que nos enfants forment une équipe tissée serrée, un clan ! Parfois, les choses ne se passent pas tout à fait comme on le souhaiterait, ce qui n’est pas plus mal : la différence peut amener de bien belles choses ! Florence Quille nous rapporte les propos de Pierre Delion, pédopsychiatre et auteur.
Un enfant dont la personnalité est différente des autres peut être une richesse, à condition que les parents l'accompagnent dans le bon sens.
Ne pas craindre la différence
La famille doit admettre que la différence est normale. Chaque enfant a sa propre personnalité. Et l'on encourt plus de risques à lutter contre cette différence qu'à la laisser s'épanouir. La plupart des parents l'ont compris et vont dans le sens d'une plus grande autonomisation de leurs enfants.
Éviter les comparaisons
Plutôt que de comparer les enfants, il vaut mieux valoriser les différences. Les comparaisons font partie de notre schéma de pensée. Mais il faut faire attention à ne pas marquer de préférences entre les enfants. Ce n'est pas parce que l'on partage des goûts communs avec un enfant qu'il doit être préféré aux autres. Comparer n'aide pas l'enfant.
Il est important de trouver pour chacun des talents à positiver. Éviter de se focaliser sur les insuffisances et les manques. Il y a déjà assez de comparaisons à l'école pour ne pas accentuer cette pression à la maison. Encourager l'enfant, souligner ses points forts dans sa vie en dehors de l'école.
Individualiser la relation
Si au sein de la fratrie chacun parvient à développer des particularités, l'enfant a tout à y gagner. Il est important de trouver des connivences, des portes d'entrée avec chaque enfant, pour partager des moments ensemble, et vivre avec plaisir toutes ces années que l'on passe ensemble. Ceci est encore plus important dans les grandes fratries : plus il y a d'enfants, moins on différencie. On a tendance à s'occuper du groupe. Il est important d'établir des liens individuels, une relation privilégiée avec chacun. Cela peut passer par des sorties en tête-à-tête, ou par une activité particulière.
Accepter de lâcher prise
Un parent peut ne pas comprendre un enfant. Il n'est pas un mauvais parent pour autant. Le père ou la mère qui n'arrive pas à être fier de son enfant, ou ne parvient pas à l'accepter tel qu'il est, doit le reconnaître sans culpabilité. Mieux vaut en prendre conscience et ouvrir des portes pour que l'enfant soit bien avec quelqu'un d'autre. Cela permet d'apaiser la situation. Cela peut être l'autre parent, un grand-père, ou une voisine.
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